Олесь Мåслюк (oles_maasliouk) wrote in ua_francais,
Олесь Мåслюк
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Три цитати (і одне посилання) з ХІХ ст.

1868. Et bien plus récemment, il y a deux ans à peine, l’empereur Alexandre, écrivant au gouverneur général des provinces de Kiew, de Podolie et de Volhynie, le félicitait de ses efforts pour russifier ces provinces. Russifier ! Donc elles n’étaient pas considérées comme russes. L’aveu est précieux sous la plume impériale.

... J’ai dit que la propagande russe est un masque emprunté par son esprit de conquête. Voyez ce qu’elle fait des peuples dont la personnalité nationale résiste à sa domination : elle les extermine. Ne parlons pas seulement des Polonais, elle ne traite pas mieux les Petits-Russes et les Russes-Blancs quand ils réclament leur nationalité, car eux aussi la réclament ; ils l’ont réclamée en 1863, très modestement, sous le sceptre des tsars, et leur voix n’a pas été écouté.


M. Carnot
Le Moniteur Universel,
Journal Officiel de l’Empire Français.
N° 200. — 18 juillet 1868



1869. Placés ente la Moscovie et la Pologne proprement dite, les Ruthènes, auxquels seuls s’appliquaient autrefois les noms de Russes et de Russiens, ont été conquis par les Moscovites au siècle dernier, et le peuple conquérants s’est appliqué à lui-même le nom de peuple vaincu, afin de se donner des droits apparents à sa possession. C’est ainsi que les mots Russe et Moscovite nous paraissent aujourd’hui synonymes, tandis qu’en réalité ils sont pour l’historien radicalement différents.
Cette confusion intentionnelle a permis aux Moscovites d’absorber jusqu’à l’histoire même des Ruthènes, comme si un fait politique postérieur pouvait réagir sur l’histoire des époques antérieures.
Il est donc vrai de dire qu’il y a en Europe un peuple oublié devant l’histoire, auxquels seuls s’appliquaient autrefois les noms de Russes et de Russiens, c’est le peuple ruthène, nation de 15 millions d’hommes, c’est-à-dire aussi nombreuse que les habitants de l’Espagne, trois fois plus considérable que ceux de la Bohême, égale enfin à tous les sujets de la couronne de Saint-Étienne.
Ce peuple est-il anéanti ? Assurément non. Il existe, il a une histoire qui ne se confond pas avec celle de la Pologne, encore moins avec celle de la Moscovie ; il a ses traditions, il a sa langue, à la fois différente du russe et du polonais ; il possède enfin son individualité marquée, qu’il ne cesse de revendiquer.
L’histoire doit donc aux Ruthènes de les distinguer nettement et des Moscovites et des Polonais, parce qu’ils en furent distincts dans le passé comme ils en sont distincts dans le présent.

... A la fin du siècle dernier, tout le monde en France et en Europe savait parfaitement distinguer les Russies de la Moscovie ; des études spéciales conduisent seules aujourd’hui à ce résultat.
Pourquoi cette différence ? Uniquement parce que, depuis un siècle, le gouvernement moscovite travaille à répandre sur la signification véritable de ces deux mots une confusion complète.
Rétablissons donc la vérité dans l’enseignement historique du passé ; elle servira puissamment à éclairer le présent et à faire entrevoir les dangers de l’avenir.

... L’histoire des Ruthènes est en effet oubliée en entier, puisqu’on les présente comme ne faisant qu’un avec celle de la Moscovie.


Casimir Delamarre
Un peuple européen de quinze millions oublié devant l’histoire.
Pétition au Sénat de l’Empire demandant une réforme dans l’enseignement de l’histoire par Casimir Delamarre, 1869.


1878. Je veux parler d’une des branches importantes de la littérature slave. Je veux faire connaître au Congrès de Paris la situation faite, en Russie, à la littérature Oukraïnienne, Ruthène ou Petite Russienne, proscrite, persécutée par le gouvernement d’un des plus grands États du monde.
Les membres du Congrès auront peut-être quelque peine à croire que toute une littérature a été proscrite en Europe, et que ce fait, si étrange qu’il puisse paraître, s’est accompli en plein XIX e siècle.


Mykhaïlo Drahomanov
Michel Dragomanow. La littérature oukraïnienne proscrite par le gouvernement russe.
Rapport présenté au Congrès littéraire de Paris en 1878.
Genève 1878.



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Леся Українка
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